Michèle Gurdal

Michèle Gurdal joue des études d’Alexandre Scriabine — sur un piano à queue de concert C. Bechstein D 282. Le titre du CD, Extase, indique clairement que ces œuvres sont pour elle bien plus que de simples études.

Dans le livret du CD (Challenge Classics, n° CC72640), la jeune pianiste indique notamment : « Il est important de savoir que chez Scriabine, l’extase est d’abord de nature spirituelle, mais qu’elle recèle aussi une charge érotique. Avec le titre Extase, je désire attirer l’attention sur cet aspect de sa musique, car beaucoup de ses études sont imprégnées de cette aspiration vers l’extase ».

Cet enregistrement produit par Piotr Furmanczyk contient notamment la célèbre Étude en ut dièse mineur op. 2, n° 1, les douze Études op. 8, les huit Études op. 42 et les numéros 2 et 3 de l’Étude op. 65. L’artiste jouait sur le piano à queue de concert C. Bechstein D 282 du château de Berlin-Britz, préparé par Torben Garlin pour rendre un son particulièrement chaud et coloré.

Le choix de cet instrument n’est nullement dû au hasard puisque Michèle Gourdal affirme : « Scriabine, qui avait une préférence pour les pianos Bechstein, en possédait un et affectionnait leur sonorité transparente, élégante et chaleureuse. Ces instruments sont pour moi aussi une source d’inspiration ».

Avec ce CD, Michèle Gurdal retrace de manière brillante l’itinéraire de Scriabine du Romantisme à la musique moderne en passant par le style impressionniste. Elle n’a toutefois pas enregistré l’Étude op. 65 n° 1 car ses mains sont trop petites, indiquant à ce sujet : « Un pianiste doit avoir de grandes mains pour jouer les séries de neuvièmes. Scriabine, qui était pourtant un virtuose, rencontrait le même problème. Il n’a jamais pu jouer cette étude car son empan n’était pas assez large ».