Jan Schultsz chante au Bechstein

Sur la pochette du CD, le nom du pianiste est écrit en plus petit que celui du ténor. On se demande bien pourquoi ? Il suffit d’imaginer ce à quoi ressemblerait La Belle meunière de Schubert si Werner Güra chantait sans accompagnement, pour comprendre dans quelle mesure le pianiste est indispensable dans les cycles de lieder de Schubert.

Jan Schultsz, qui a reçu une solide formation de pianiste, corniste et chef d’orchestre, est parfaitement à la hauteur de Werner Güra dans cet enregistrement datant de 1999 publié chez Harmonia Mundi. Il « porte » véritablement le ténor, annonce les changements de registre et fait des commentaires musicaux sur la voix. Tout comme Güra, il ne force pas le trait mais laisse la musique s’écouler naturellement.

Schubert est entre de bonnes mains avec Schultsz. C’est également l’opinion de Kurt Malisch, qui a pu formuler dans Klassik heute la remarque suivante : « Le pianiste Jan Schultsz contribue de manière déterminante à l’excellence musicale de cet enregistrement. C’est avec une grande finesse qu’il joue son rôle d’accompagnateur, tâche à la fois primordiale et périlleuse. Il sait se faire entendre sans avoir besoin de jouer fort ; il est présent sans être intrusif ». Ajoutons simplement que la voix claire, chantante et à la sonorité de clochette du piano à queue Bechstein confère une charme bien particulier à l’ensemble.