David Theodor Schmidt et l'art de la transcription

Pour le quatrième CD qu’il enregistre sur piano C. Bechstein (Profil – Günter Hänssler PH14005), David Theodor Schmidt a choisi principalement des transcriptions d’œuvres de Jean-Sébastien Bach et Johannes Brahms réalisées par Ferruccio Busoni. Tandis que les transcriptions d’après Bach sont assez connues (Chaconne, Toccata, Adagio, Fugue BWV 564 ainsi que cinq préludes de chorale —Wachet auf, ruft uns die Stimme ; Nun komm, der Heiden Heiland ; Nun freut euch, lieben Christen gmein ; Ich ruf zu Dir, Herr Jesu Christ et In Dir ist Freude), celles d’après Brahms sont de véritables découvertes, l’ensemble nous offrant des moments musicaux à proprement parler formidables.

Avec ce CD, Schmidt entend rendre hommage à Busoni, mort le 27 juillet 1924, c’est-à-dire il y a quatre-vingt-dix ans. Qu’il ait choisi un piano à queue de concert C. Bechstein pour cet enregistrement n’a rien de surprenant puisqu’on sait que le maître avait lui aussi un instrument de cette marque dans son salon de musique berlinois. Quant à Brahms, c’était un autre fan de Bechstein depuis 1892 au plus tard, année durant laquelle il se produisit lors du concert inaugural de la salle de concert ouverte à Berlin par Carl Bechstein.

Contrairement aux nombreux pianistes au succès éphémère qui se bousculent sur le marché de la musique, David Theodor Schmidt avance lentement mais sûrement : il profite de chacun de ses nouveaux disques pour faire la preuve de son talent, brillant alors par un jeu qui associe fidélité à l’original et touche personnelle. Conformément à la meilleure tradition allemande, Schmidt interprète les transcriptions pour piano sans rechercher la virtuosité à tout prix, mais en faisant preuve de finesse, d’une grande sensibilité et d’une approche analytique.

On notera que l’aria de Bach Schafe können sicher weiden enregistrée sur ce CD d’après la transcription réalisée par Egon Petri, un élève de Busoni, existe également dans une transcription de Dinu Lipatti enregistrée par Luiza Borac — également sur piano à queue C. Bechstein…

Le CD de David Theodor Schmidt a été enregistré en décembre 2013 sur le C. Bechstein D 282 du château de Berlin-Britz. Le technicien de concert Torben Garlin a préparé ce merveilleux piano à queue, tandis que la prise de son était réalisée par Holger Siedler.

Dans une émission de radio diffusée sur BR Klassik, Jürgen Seeger a parlé de ce CD dans les termes suivants : « On découvre ici un pianiste d’une grande maturité qui, sans la moindre fanfaronnade, sait mettre en valeur toute la profondeur et toute la beauté de son instrument. Avec David Theodor Schmidt, les transcriptions de Busoni trouvent véritablement un interprète idéal ».