David Helbock improvise d’après Prince

Ses tubes étaient omniprésents dans les boums de la fin des années 1980 : Prince Rogers Nelson, né à Minneapolis en 1958, plus connu sous le nom de « Prince », qui brillait alors non seulement sur scène mais aussi dans les cercles intellectuels. Le pianiste de jazz autrichien David Helbock est quant à lui né à Koblach en 1984, c’est-à-dire qu’il n’a découvert la star de la pop musique qu’à l’époque où elle était déjà sur le déclin. Ce qui ne l’a pas empêché de lui consacrer récemment un album solo intitulé Purple.

Ce CD est un merveilleux hommage rendu à Prince car, en réduisant les morceaux de la star au seul piano, Helbock se concentre sur l’essentiel et réussit le grand écart entre fidélité à l’original et réécriture. Des morceaux très rythmés, tels que Kiss ou Delirious, y alternent avec des passages plus sereins comme Purple Rain. Le piano à queue de concert C. Bechstein tantôt prend la sonorité d’un clavecin et tantôt donne toute la dimension de sa richesse acoustique. La comparaison directe entre l’original et sa version revue et corrigée par Helbock est un véritable plaisir car le musicien de jazz, qui dispose d’une formation classique, sait dénuder les morceaux sans les dénaturer. Le thème de Diamonds and Pearls traverse l’album comme un leitmotiv : les accords de Prince (ré/mi/sol/si/sol) sont repris au piano à plusieurs reprises sous forme d’introduction méditative, avant d’être joués à la fin du CD de manière harmonique — Formidable !

Martin Offik (enregistrement/mixage) et Wolfgang Loos (mastering) ont également donné le meilleur d’eux-mêmes pour ce CD paru sous le label berlinois Traumton.

David Helbock Purple
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