Cora Irsen joue Liszt

Volker Hagedorn, critique musical du journal Die Zeit, ne tarissait pas d’éloges lorsque ce disque est sorti en 2001 : « C’est sur ce piano que le maître composait, rêvait, enseignait et charmait les dames dans le salon que la grande-duchesse de Weimar avait mis à sa disposition. L’instrument, offert par Carl Bechstein à Franz Liszt alors âgé de cinquante-sept ans, devait accompagner le compositeur durant de longues années, le voir vieillir avec ses longs cheveux blancs tombant sur ses épaules, entouré de jeunes pianistes tels qu’Eugen d’Albert ou Karl Klindworth, ainsi que de compositeurs de la nouvelle génération tels que Borodin, Franck ou Grieg. […] C’est sur ce même Bechstein de 1869 qu’Alexander Siloti entendit un jour Liszt jouer la Sonate au clair de lune de Beethoven. Bien que l’instrument fût désaccordé, l’interprétation du maître fut si brillante que Siloti — qui devait ultérieurement avoir pour élève Rachmaninov — refusa toujours d’entendre une autre interprétation, allant jusqu’à quitter une salle de concert où l’œuvre était donnée. Entre-temps, l’ancien piano de Liszt a été restauré… et accordé. Cora Irsen, pianiste de Weimar, l’a choisi pour enregistrer un CD de qualité exceptionnelle qui nous donne l’occasion d’entendre à nouveau la voix du maître ». (http://www.zeit.de/2002/13/Stimme_seines_Herrn)

On ne saurait qu’approuver l’éloge formulé par Hagedorn en écoutant ce CD réédité en 2009 sur le label H.A.R.M.S., avec notamment au programme les œuvres suivantes : Bénédiction de Dieu dans la solitude, Les Jeux d’eau à la villa d’Este, Nuages gris et Légende n°2, ainsi que les variations de Liszt sur la cantate Pleurs, lamentations, tourments, découragement de Bach.