András Schiff joue Beethoven

Un piano à queue Bechstein de 1921 a une sonorité étonnamment moderne si on le compare à un Franz Brodmann fabriqué vers 1820. On peut vérifier cette assertion grâce à un CD d’András Schiff contenant les Variations Diabelli de Beethoven enregistrées sur chacun des deux instruments (ECM, 2012).

Schiff déclare : « J’aime jouer sur des pianos d’exception, mais il faut reconnaître que le public — et les critiques — ont leurs habitudes. Leurs préjugés restent dominants et la curiosité absente ». Afin d’expliquer pourquoi il a choisi un Bechstein et un instrument du temps de Beethoven, il ajoute : « Le piano à queue Bechstein de 1921 correspond à une époque oubliée depuis longtemps. Wilhelm Backhaus a joué souvent et enregistré plusieurs disques sur des pianos de ce type. Rappelons également que Bechstein était la marque préférée d’Arthur Schnabel. Ses interprétations des œuvres pour piano de Beethoven et Schubert ont toujours eu valeur d’exemple pour moi. Le piano Bechstein m’aide à m’approcher de cet idéal ».

Avec ce magnifique enregistrement, András Schiff atteint un niveau comparable aux interprétations de Beethoven données par Backhaus et Schnabel. Il s’agit d’une « œuvre d’art totale » qui inclut également la Sonate, op. 11 jouée sur un Bechstein et les Bagatelles, op. 126 jouées sur le Brodmann.